Rancourt

Lettre du lieutenant Roy, octobre 1916 :

 » Nous avons pris les premières lignes en avant du village de Rancourt, face au bois de St Pierre-Vaast. Nous sommes restés quatre jours là. Tant dans la relève que dans les tranchées j’ai perdu à ma compagnie 40 blessés et 20 tués, sans attaquer. Le bombardement, tant sur les voies de communication que sur nous, n’a pas arrêté un instant. Seulement de temps en temps il tombait une marmite énorme et il n’y avait qu’à attendre en recevant de la terre, de la poussière et de la fumée. C’était une désolation sans nom.  » 

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Positions du 43e bcp au bois de St Pierre Vaast

Récit du Commandant Michelin :

 » Pendant ces quatre jours, à 30 mètres de l’ennemi, le Bataillon martelé (sa position deux fois démolie) par une concentration de feux d’une violence inusitée, s’est chaque fois réorganisé, rétabli sur la ligne pour faire face à un ennemi très supérieur en nombre et apparemment menaçant, l’a tenu en respect par une attitude agressive et une surveillance manifeste – ceci dans un état de fatigue excessive et presque sans ravitaillement en vivres et en eau. « 

Souvenirs du sergent Louis Poot :

 » Le 4 octobre attaque à Rancourt. Je suis blessé au cours de la progression. Deuxième blessure. Je suis évacué sur Bray sur Somme et de là sur Dieppe. Quelle joie ! Je danse debout sur mon lit tellement je suis heureux d’avoir été épargné. Diagnostic : fracture de l’omoplate gauche avec hyopacousie de l’oreille. « 

Le bois de St Pierre-Vaast

70 chasseurs et sous-officiers et 1 officier ont été tués au bois de St Pierre-Vaast du 4 au 8 octobre 1916.

Parmi eux  le  sous-lieutenant Louis Calmeau  de Senailly (Côte d’Or) :

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Voir l’article du site :

Calmeau

Le prêtre-brancardier Jules Dunand :

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Les brancardiers

 

Le chasseur Paul KRAUTTER

Horticulteur à Bourbonne-les-Bains – 20 ans

Assis à gauche

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Certains sont inhumés à la NN de Rancourt :

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GREUSE G.                         FEUTREN Y.                       FREMIOT C.                          LAUPIN A.

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OUDOT C.                            BOLLET E.                            CALMEAU L.                      CHATRON A.

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BAUDOT L.                          BRESSON E.                     GAONACH F.                    KRAEMER G.

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PATROUX L.                     SIMON L.                             VARENNE P.                    DELOGE J.

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THOMAS G. et CHARVIEUX A.     STERN F.                  GUYON S.                     VINCENT J.

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CHAIGNET L.                           DUPLUS P.                     GORAND A.                        DUNAND J.

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Tombés pour la France au Forest

100 chasseurs, sous-officiers et officiers du 43e bataillon de chasseurs ont été tués entre Maurepas et Le Forest.

Certains sont inhumés à la Nécropole Nationale de Maurepas :maurepas-cimetiere

 

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Quelques visages :

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Sergent Jacques MYNARD

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Mynard

 

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Chasseur Eugène CHAUFFARD

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Chauffard

 

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Chasseur PIerre MONTEILLARD

Agent de liaison du commandant Michelin

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Sergent Fernand LEJOINT

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Lejoint

 

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Sergent Jacques de KERMEL

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de Kermel

 

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Louis François PATROIX

Né à Divonne (Ain) en 1884

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Maxime HENON

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 « Chasseur d’un courage admirable. Agent de liaison des plus consciencieux, a toujours rempli ses missions avec le plus grand mépris du danger. »

Source photo : Livre d’Or de l’Ecole Massillon (Paris)

Eugène DESERTOT

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Né en 1887 à Ladoix-Serrigny (Côte d’Or)

Tailleur de pierre

3 septembre 1916 l’assaut

Dans la tranchée de départ

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Souvenirs du sergent Louis POOT :

 » Le 3 septembre à midi nous attaquons dans un enfer de feu. Il faut franchir les barrages de l’artillerie allemande. Enfin vers 14 h nous avons atteint notre objectif. Notre bataillon est composé en majeure partie de réservistes de Bourgogne des Vosges et de Parisiens. A la suite de cet épisode le bataillon est cité à l’ordre de la division car le 3 septembre 1916 après avoir tenu 5 jours sous un violent bombardement et perdu, par un tir de contre préparation le cinquième de son effectif, il a d’un seul élan atteint son objectif à 900 mètres du point de départ. Objectif conquis à la grenade et au couteau sur trois tranchées ennemies demeurées intactes et garnies de mitrailleuses. Après s’être emparé de 7 mitrailleuses, de 5 officier et de 190 grenadiers de la garde prussienne qui ont avoué à l’interprète n’avoir jamais imaginé assaut si âprement poussé. A cette attaque je reçois ma première citation. « 

Le chemin de Maurepas au Forest en septembre 2016 :

 

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Le chasseur Risser

1er septembre

« De ces horribles batailles de tranchées, celle de la Somme fut l’une des plus acharnées. Les journées et les nuits qui précédèrent l’assaut du 3 septembre, nous avons vécu recrocquevillés dans des trous pleins de boue, au milieu des cadavres dont l’odeur était épouvantable, sous un bombardement ininterrompu qui n’avait pas laissé un brin d’herbe. A chaque instant les éclatements vous soulevaient, vous roulaient, vous enterraient. La nuit, les milliers et les milliers d’éclairs des arrivées et des départs des obus, les fusées éclairantes déchiraient le ciel et de partout entre les lignes montaient les appels déchirants des blessés et des mourants qu’on ne pouvait aller chercher. »

Général de Gouvello – « Les paradis ne peuvent mourir »  - Souvenirs

 

L’attaque est fixée au 3 septembre à midi. Notre première ligne la tranchée des Roumains avec son doublement, l’une et l’autre simplement ébauchés, formaient la tranchée de départ.  Les tirs de préparation de l’artillerie française s’abattent sur cette première ligne, la détruisent et tuent ou blessent de nombreux chasseurs.

Citation du chasseur Joseph VAREY de Corlier dans l’Ain :

 » Chasseur dévoué s’est porté spontanément au secours de ses camarades ensevelis sous un éboulement et les a dégagés. A été blessé lui-même par éboulement. « 

Parmi les tués,  le chasseur Marcel RISSER du groupe franc :

« Par cet après-midi du 1er septembre il est là, au flanc d’un talus, calme sous le bombardement..un obus lui coupe les deux jambes. Sur le brancard qui l’emporte au poste de secours il parle doucement, il chante la Sidi Brahim… »

Commandant Michelin : « Présents ! »

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Lien vers l’article du site 43bcp.fr :

Risser

 

 

 

 

La dernière lettre du chasseur Girard

Le 31 août un ordre d’attaque donne pour objectif au 43e bcp une série de tranchées allemandes à cheval sur le chemin Maurepas – Le Forest.

Le 31 août le chasseur Claudius Girard écrit à sa sœur Marie :

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Chère Marie, Je t’envoie ces deux mots pour te dire que je suis toujours en bonne santé seulement nous allons attaquer il y a encore deux chances sur trois être prisonnier ou blessé si j’en revien je t’écrirai aussitôt.

Je n’ai pas eu de nouvelles de Nièvre depuis que tu y étais je ne sais pas si mon père va mieux ou plus mal s’il n’y avait pas eu cette attaque je serai en permition à présent. Tu donnerat bien le bonjour a rené ainsi qu’a toute la famille.

Ton frère qui vous embrasse tous bien fort

Claudius

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 » En tou cas que je ne me rentourne pas vous prendrez soin de mon père.

Je suis au secteur 192 dans la Somme. « 

Claudius Girard fut tué le lendemain 1er septembre.

Agé de 34 ans il était cultivateur à Nievroz dans l’Ain.

Merci à Michel Bert son petit-neveu qui nous a transmis ce document

 

La Somme : le chemin du Forest

Souvenirs du sergent Louis Poot du 43e bcp :

 » Le 29 août 16 nous arrivons à Bray sur Somme. Le soir nous allons prendre les premières lignes. Nous traversons Maricourt, Maurepas. Dans le ravin de Maurepas que de cadavres nous avons vus !

Et les  tout jeunes gens de la classe 16, ils me font une grande pitié : pauvres gosses. Pour la première fois ils éprouvent le baptême du feu : c’est terrible. On dirait des moutons que l’on mène à l’abattoir. A chaque rafale d’obus ils se couchent et ne veulent plus se relever. Heureusement que j’ai des anciens au cœur solide pour me seconder. Nous intercalons un jeune, un ancien, et ces malheureux avancent sous l’odeur du sang, de la poudre, des cadavres. C’est affreux.

Le canon ne s’arrête pas. Les artilleurs sont tout près de nous à 400 mètres. Derrière les fantassins que de canons ! Ils sont tout près les uns des autres comme des tirailleurs. Je n’ai jamais vu autant de canons que dans la Somme.

A notre tour nous devons attaquer. Nous avons comme objectif : Le Forest. « 

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Source carte  : JMO, site Mémoire des Hommes, ministère de la Défense

30 juin : la relève

 

Fin juin 1916, à l’issue d’une inspection, le général Passaga commandant la division déclare enfin solide ce secteur à catastrophes. Seule la profondeur des tranchées n’est pas, et ne sera d’ailleurs jamais, à la taille du général qui dépasse de la tête les parapets…

Le  30 juin un bombardement massif par torpilles de gros calibre s’abat sur les ouvrages, au moment même de l’arrivée du 334e RI qui vient relever le bataillon.  L’ennemi n’a pas bougé. Sur la première position tout est ravagé, comblé, démoli. Les entonnoirs font 5 mètres de large et 2 mètres 50 de profondeur.  Les abris sont effondrés sur les garnisons qui s’y étaient réfugiées.  Au fond d’un abri, des hommes appellent désespérément. Au milieu d’eux, jambes brisées, corps tordu sous une poutre, le chasseur Delacôte essaie de les calmer :

« Ne criez pas » leur dit-il « Attendez, vous savez bien qu’on viendra nous chercher. »

Delacôte, à peine délivré, rendra le dernier soupir.

Ailleurs, au fond d’une sape, le sergent Laplace, à demi écrasé, réconforte ses chasseurs et organise leur délivrance. Il succombera peu après.

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Morts du 43e bcp :

Alphonse DELACOTE né à St Dié des Vosges en 1884, inhumé à la NN de Dannemarie

Jean LOUBAT né en 1888 à St Flour dans le Cantal

Jean LAPLACE né en 1890 à Thaix dans la Nièvre

Du 334e :

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Jean GIRARDET de Crozet dans l’Ain

Bernard CAYREL

Louis PUGET

Jean LACAGNE

Benoit THUILIERE

Antoine CHAUVOT

Emile MONTUPET

Jean GELIN

Paul GAUMIER

Louis FAVARDIN

Hippolythe MOUTTE

 

 

 

Commandant Michelin

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Juin 1916 : Le commandant Michelin prend le commandement du bataillon.

 » L’évènement du bataillon a été le changement du Commandant. L’ancien a été débarqué assez rudement pour aller prendre un commandement de bataillon dans un régiment. Nous n’avons pas perdu au change. Notre nouveau Commandant a certainement plus de valeur, plus d’allant, d’entrain et de décision. Il connaît bien la psychologie des hommes et s’intéressera certainement plus à leur bien-être et à leur moral. »

Lieutenant Roy, 24 juin 1916

Lien vers l’article :

Commandant Michelin

Schönholtz

2 juin 1916 – Le bataillon arrive dans le secteur du Schönholtz et va cantonner à Hagenbach (Haut Rhin)

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Les tranchées françaises en rouge, le secteur allemand en bleu

Création du Groupe Franc du 43e bcp sous les ordres du sous-lieutenant de Gouvello

12 juin 1916 :  » Le Général commandant la 133ème DI félicite les patrouilles du 43ème bataillon de Chasseurs qui sous les ordres du Sous-Lieutenant de Gouvello ont habilement exécuté le 10 juin une reconnaissance audacieuse au Schönholz et ont rapporté des renseignements précis sur l’organisation ennemie. »

- 26 juin :  » Le Général commandant la 133éme DI adresse ses félicitations au Sous-Lieutenant de Gouvello du 43ème BCP et à son Groupe Franc pour l’habileté et la hardiesse dont ils ont fait preuve dans la reconnaissance du 23 juin. « 

Signé Général Passaga

 

4 juin – Le chasseur FLIN Emile se tue accidentellement en nettoyant son fusil qui était chargé

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Emile FLIN de Sainte Solange dans le Cher

6 juin – Tirs de mitrailleuses ennemies sur le sous-secteur Pichegru.

Le caporal ROBOLIN  est blessé, il décède le 12 juin à l’ambulance à Dannemarie.

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Camille ROBOLIN né en 1882 à Saint Jean le Vieux dans l’Ain

16 juin – L’ennemi tente un coup de main sur les sapes après une préparation par crapouillots. Il est repoussé à coup de grenades, de tirs de fusils et de tirs de mitrailleuses.

4 chasseurs sont blessés,  le chasseur MULLER  Joseph est tué.

Muller Plainfaing

Inhumé au cimetière de Plainfaing dans les Vosges où il est né en 1883