Archives mensuelles : août 2015

Visites d’obus boches

20 août : nous avons relevé dans la forêt le 217e et avancé nos petits postes qui ne sont séparés des boches que par un réseau ennemi. Le 43e est allé réoccuper un blockhaus en voie de construction.

21 août : les boches ont fait de nombreuses attaques contre ce blockhaus. Nous avons tenu mais nous avons eu 15 blessés dont VERCHERE grièvement. Auguste ECUYER, sergent à la 9e compagnie, est tué par éclat d’obus.

26 août :

Le chasseur  PIERRAT est bûcheron autant que chasseur à pied. Il a toujours gardé la bonne hache. Le 26 aout dans la forêt de Parroy, la 8ème cie attaquait le Bois Legrand. Au petit jour les éclaireurs se butaient à un réseau qui couvrait un petit poste allemand. Pierrat s’offrait pour le couper. Il l’abordait lentement puis, couché sur le dos, à grands coups de hache, il abattait les piquets. Le travail durait et les balles pleuvaient. Enfin la brèche était faite, la section bondissait, enlevait le poste et tuait ou capturait une partie de sa garnison.

 

30 août : plusieurs obus tombent sur Marainviller. Louis ROUARD est broyé dans une cave. Arsène FORT et Félix REVERDY sont tués par éclat d’obus.

Le lendemain 4 brancardiers sont blessés en allant enterrer les morts de la veille au cimetière.

« Cela va bien malgré de temps à autre des visites intempestives d’obus boches. J’ai eu deux hommes tués et un blessé dans ma section dernièrement. Hier en allant conduire ces malheureux à leur dernière demeure, nous avons été encadrés par quelques 150. Ce sont heureusement des obus qui annoncent leur venue et nous avons eu juste le temps de nous aplatir au fond du fossé qui borde la route pour laisser passer l’orage. »

Lieutenant Roy, 1er septembre 1915

Fort Arsene Friscati2

Tombe d’Arsène Fort à la NN Friscati

Reverdy Friscati

Tombe de Félix Reverdy

Verchere Friscati

 

Tombe de Georges Verchère

Marainviller

14 août 1915, 7 heures

marainviller photo

Une salve de 6 obus est tirée  sur Marainviller.  Deux n’éclatent pas. Des 4 autres, l’un tombe sur l’ épicerie du centre du village  où se tient la 9e compagnie.

4 chasseurs sont tués sur le moment : Léon POILLOT , Benoit ROBIN, Adolphe DURAND  et Georges ZOELLER.

13 sont blessés dont Jules BAILLY qui a les 2 jambes coupées et le bras droit enlevé. Une de ses jambes rebondit vers le 1er étage sous la fenêtre.  Un nuage remplit toute la place.

Le chasseur Lault que sa femme est venue voir est blessé légèrement ainsi que celle-ci.

C’est un spectacle inimaginable.

Le chasseur Bailly ainsi que le chasseur Pierre SEYMON décèdent ce jour à ‘ l’hôpital de Lunéville des suites de leurs blessures.

Durand Reillon

Tombe d’Adolphe Durand (Mouthier en Bresse) à la NN de Reillon

 

Bailly Friscati

Tombe de Jules Bailly (Mouthier en Bresse) à la NN de Friscati

Zoeller Reillon

Tombe de Georges Zoeller (Paris) à la NN de Reillon

 

 

Balles perdues

7 aout 1915

Vers 1h du matin une attaque ennemie avec fusées éclairantes s’est déclenchée sur la 9e compagnie qui travaillait aux avant-postes.  C’est là qu’une balle perdue a atteint le chasseur BREON qui a succombé lors de son évacuation. Un quart d’heure plus tard une balle atteignit au côté droit le chasseur MICHAUD-MAILLET qui succomba sur le champ.

Breon Friscati2

Emile Bréon né en 1884 à Planay en Côte d’Or, domestique de culture

Michaud Maillet Friscati

Félix Michaud-Maillet né en 1888 à Champdor dans l’Ain, ouvrier en soie

 » Nous avons eu pendant les travaux deux hommes tués par des balles perdues, ce qui est une grande malchance car nous étions loin de l’endroit attaqué…Un des hommes tués par une balle perdue était de ma section ; il s’agissait en fait d’une attaque allemande qui se produisait très loin ; mais par mesure de précaution j’avais mis près de notre réseau une patrouille et c’est là qu’allongé sur l’herbe l’homme a été touché. Et quoique les balles aient continué ensuite à arriver, le sergent qui commandait la patrouille n’a pas songé à se retirer ou à m’en demander la permission, le risque d’une action sur nous étant en somme faible. »

Lieutenant Roy, 9 août 1915