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Bezonvaux

 La période a été dure, surtout à cause du temps : boue dans laquelle les hommes n’ont pas arrêté de patauger, pluie, vent, bourrasques de neige et de grêle, et avec cela un service chargé car les boches étaient assez remuants. Ils ont essayé deux coups de main sur le bataillon mais n’ont rien pu faire…Nous avons eu quelques pertes et aussi quelques pieds gelés. Les hommes ont beaucoup souffert et pourtant on pouvait compter sur eux. « 

Lettre du capitaine Roy, décembre 1917

21 novembre : Violent bombardement tir de barrage français en avant du quartier

24 novembre :  Tir de repérage de l’artillerie ennemie de midi à 16 h. Le Commandant demande le tir de barrage. Duel d’artillerie. Pertes : 6 tués, 14 chasseurs blessés, Lieutenant Ory blessé. Les pertes ont été subies par des 75 pour la grosse part.

PRUES Pierre

Né en 1889 à Moulis (Ariège) résidant à Paris

« Modèle de sang froid et de belle énergie, tué à son poste de combat à Bezonvaux (Verdun) »

ORSET Marius

Né en 1886 à St Jean le vieux (Ain) résidant à Lyon, laitier

Blessé à Rancourt le 6/10/1916, blessé à Craonne le 2/7/1917. Tué le 24/11/1917 à Bezonvaux devant Verdun au cours d’un violent bombardement

PLASSE Jean Claude

Né en 1890 à Bourg de Thisy (Rhône), ouvrier

« Fusilier mitrailleur d’un très beau courage s’est fait remarquer par son sang froid et son activité pendant la période du 16 au 24 juin 1917. Tué le 24/11/1917 en faisant bravement son devoir au cours d’un bombardement d’une violence exceptionnelle devant Verdun. »

COUETTE Emiland

Né en 1884 à St Agnan (Saône et Loire) faïencier à Digoin (71)

Citation :  » A rendu de grands services depuis le début de la campagne, a mérité toute la confiance de ses chefs dans la période du 4 au 8 octobre 1916. »

Blessé le 18/6/1917 à Hurtebise cité à la 164e DI :

« Fusilier mitrailleur modèle de courage et de dévouement sous un violent bombardement par un tir calme et précis a contribué à arrêter l’avance d’un ennemi agressif. »

« Chasseur d’élite le 25 juillet 1917 a mis calmement son fusil mitrailleur en batterie au moment où une attaque allemande se déclanchait. »

« Chasseur d’élite au front depuis le début n’a cessé d’être pour tous le plus bel exemple de résolution souriante. Tué le 24 novembre 1917 en mettant son fusil mitrailleur en batterie. »

SIMON Paul André

Né en 1891 à Anould (Vosges), relieur

« Sergent d’une bravoure à toute épreuve. Le 24 novembre 1917 a su maintenir par son exemple sa section sous un feu de toute violence. Mortellement frappé devant Verdun. »

BELIN Marcel

Né en 1888 à Charme-lès-Baigneux (Côte d’Or) ouvrier agricole

TRIDENT Jean

Né à Marseille (Bouches du Rhone)en 1885

« Très brave caporal grièvement blessé à son poste de combat. Mort des suites de ses blessures le 21/11/1917. »

CASPAR Paul

Né à Loos (Nord) en 1897

Tué lors d’une mission le 17 décembre 1917

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Inhumé dans la crypte du cimetière de Loos

26 novembre à 0h30  : L’ennemi tente un coup de main. Une trentaine d’Allemands ont surgi de la tranchée en 2 colonnes par un. Aux 1ers obus tirés et obéissant à la consigne les Petits Postes se repliaient sur la ligne de résistance. Le groupe ennemi s’avançait sur la tranchée des Zouaves pour encercler le Petit Poste Ebener. Deux fusils mitrailleurs transformaient en une fuite folle cette manœuvre audacieuse.

Citation à la Division du chasseur Louis DREVET :

« Fusilier mitrailleur d’élite d’un courage à toute épreuve, le 26 novembre 1917 par son tir rapide et précis a mis en fuite un groupe ennemi qui tentait un coup de main sur nos petits postes. »

  

 28 novembre à  6 h : Coup de main exécuté à l’heure indiquée et suivant le projet approuvé. Le 1er groupe était soumis dès le départ de la tranchée à un feu de mitrailleuses. Le 2ème groupe abordait le réseau où il était accueilli par des coups de feu et un barrage de grenades. L’effet de surprise était raté. Le sous-lieutenant Villa en tête du groupe faisait lancer les grenades dans la tranchée ennemie puis rentrait dans nos avant-postes. L’ennemi n’a réagi en aucun cas.

vitriers bezonvaux                    

Verdun

1er novembre 1917 : Départ pour Verdun

Retiré du secteur de Reims, le 43e bcp est en ligne à Verdun du 4 novembre au 17 décembre, sans relève, dans le secteur de Bezonvaux, bois des Caurières.

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La crête des Caurières à Verdun, novembre 1917

Au sommet de la crête des Caurières une première ligne sans réseaux, sans tranchée profonde ni boyaux d’accès continus, sans abris. Cette crête est prise d’enfilade par les batteries de la Woëvre.

Au début de novembre 1917, la lutte était encore chaude et journalière sur la rive droite de la Meuse. Le secteur de Bezonvaux offrait à l’ennemi l’occasion d’écraser, sans danger de riposte sérieuse, la garnison qui l’occupait. Dans ce secteur inorganisé, inorganisable, où les lignes consistaient en des trous d’obus, où les hommes vivaient dans la boue liquide, à 50 mètres à peine d’un ennemi solidement retranché, dans ce secteur perché à gauche sur la crête d’Hassoule, encaissé à droite dans le fond de Bezonvaux, séparé de ses bases de ravitaillement par un formidable ravin qu’enfilaient les mitrailleuses et que le bombardement avait transformé en une succession d’immenses entonnoirs, dans ce secteur où il était impossible de faire le moindre mouvement, et où à tout instant on était menacé d’être attaqué et culbuté dans le cloaque bourbeux du Fond des Rousses, le bataillon fit preuve d’une endurance, d’une ténacité, d’un courage qu’il n’a pas dépassé dans ses plus belles heures…

Commandant Michelin

 

Récit du sergent Louis Poot :

« Le 5 novembre 1917, nous allons en ligne à Bezonvaux par des pistes où l’on enfonce dans la boue : nous passons la nuit dans de petits abris plein de boue. Le 9 au soir, nous montons en 1ère ligne. Nous sommes de sentinelle toute la nuit dans la boue jusqu’aux genoux. Aucun repos ; il fait froid, la pluie tombe sans arrêt et les obus aussi. Le 9 il pleut, le 11 il pleut. Le 12 novembre, notre trou d’obus est repéré par un avion ; les 130 tombent presque sur nous ; chaque éclatement nous couvre de boue. Mon équipement et ma capote ne sont qu’un bloc de boue. A cause de cette boue, nous ne pouvons creuser ni tranchées ni abris. Nos outils ne peuvent être utilisés, car on ne peut en détacher la boue qui y adhère ; il faut creuser avec les mains… »

 

 

 

 

           

 

 

Les Cavaliers de Courcy

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Les Cavaliers de Courcy – septembre 1917

Du 18 août au 21 septembre 1917 le bataillon est aux tranchées des Cavaliers de Courcy près de Reims en Champagne. Il exécute et subit une série de coups de main. Les combats au corps à corps dans les tranchées sont nombreux.

Récit du Commandant Michelin :

 » A 5 heures, dans la nuit noire encore, un crissement soudain dans les réseaux, puis des groupes d’assaut chargent sur la tranchée gardée par une simple chaîne de sentinelles doubles. Le chasseur Biesse n’a que le temps de lancer une grenade, six revolvers le menacent aussitôt dans son poste de guetteur et malgré la lutte que lui permet sa belle vigueur, Biesse est terrassé, désarmé, traîné malgré lui. Bientôt les Allemands courant à des captures plus nombreuses laissent le chasseur à la garde d’un seul des leurs qui tient sur le prisonnier un revolver braqué. D’un coup de poing formidable, Biesse étend le guerrier farouche et fuit par un chemin connu, poursuivi durant quelques pas par un bruit de bottes et des coups de revolver. Dans un autre coin le chasseur Charvet assailli par 6 hommes à son poste de guetteur bondit sur le parapet, lance une grenade qui tue ou disperse les assaillants. » 

Chasseurs tués aux Cavaliers de Courcy :

Julien BILLARD                                  bleuet

Billard 43bcp

Né en 1896 à Corcelles les Monts (Côte d’Or)

Claude VILLARD                                   bleuet

Né en 1896 vigneron à Chassagne-Montrachet (Côte d’Or)

Villard Chassagne Montrachet3Villard Chassagne Montrachet2

 

Albert BAFREY

Né en 1892 à Anould (Vosges)

Léon BARBET

Telephoniste né en 1893 à Nérondes (Cher)

Pierre KRUMEICH                    bleuet

   né en 1897 à Jeanménil (Vosges)

Krumeich Sillery

 

Marcel ROUMET                          bleuet

Sergent né en 1897 à Bouges (Indre et Loire)

 

Alexis CRETTEZ                               bleuet

Né en 1897 à Fontenay sous Bois (Seine)

Crettez grosplan (2)

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Edmond MILLET                    bleuet

Né en 1895 à Paris décédé suite intoxication par gaz

 

 

 

Craonne juillet 1917

Monté en ligne le 23 juillet le bataillon part relever des bataillons du 334e RI  au nord-est de Craonne, à droite du Plateau de Californie.

« Un communiqué a prétendu que nous avions repris toute notre ancienne ligne sauf un petit ouvrage alors que c’est juste le contraire : nous avons repris un petit coin et le reste est resté aux boches. »

« En montant une de mes sections a perdu ses 2 sergents. Le 25 j’avais 48 hommes avec moi dans la tranchée pour toute la compagnie. »

Lettre du capitaine Roy, juillet 1917

 

Pertes du Bataillon du 24 au 26 juillet :

GAUTIER Gaston Albert                       bleuet

Né à Marmesse (Haute-Marne) en 1899, Pupille de l’Assistance Publique, résidant à Marnay

Engagé volontaire en 1916, cité à l’ordre de la Division : « A fait preuve dès son arrivée au bataillon d’un courage rare et d’une audace peu commune. Toujours volontaire pour les patrouilles délicates et les postes dangereux pendant la période du 16 au 24 juin 1917. »

Cité au bataillon « Chasseur du Groupe Franc remarquable par son courage et son audace a été tué au cours d’un violent bombardement le 24 juillet 1917. »

Gautier Pontavert

 

LAUZANNE Henri

Sergent né à Louvières (Haute Marne) en 1881

MASSEROLI Paul                          bleuet

Né à Fraize (Vosges) en 1896  (Groupe Franc)

Masseroli Pontavert

 

LECLERC Aimé

Né à Argenteuil (Seine) en 1880

PIERSON Jules

Sergent né à Villers Cotteret (Aisne) en 1889

VERCASSON Antoine

Né à Brossaines (Ardèche)  en 1886, résidant à St Cyr sur le Rhône (Rhône)

« Chasseur très discipliné et courageux blessé le 10/8/1914 et  le 18/6/1915.  Blessé le 18/6/1917 à Hurtebise. Tué à son poste de combat le 25 juillet 1917 en repoussant une attaque ennemie. »

RIOTTE Robert         bleuet

Né à Chamesson (Côte d’Or) en 1896

riotte et 25 - Dos de 3 soldats

De gauche à droite chasseurs Riotte, Roussiaux et Chadefaux

Photo appartenant à Robert Riotte, annotée de sa main

Merci à Lionel Riotte son neveu

Lien vers la page du :

Chasseur RIOTTE

 

 

 

 

 

 

Les Bleuets du 43e bcp

Lettre du capitaine Roy, 26 juin 1917 :

« Vous avez sans doute vu au communiqué du 17 juin une attaque boche réussie en partie à l’ouest d’Hurtebise : c’est nous qui étions là et nous avons reçu le choc…Je suis alors parti avec ma compagnie pour contre attaquer… la suite a été très dure car nous sommes restés en ligne pendant toute la préparation d’artillerie. Notre artillerie a bombardé le boche qui était fort près de nous de sorte que nous avons reçu dans nos tranchées de nombreux coups français. »

Pertes du 43e bcp du 16 au 25 juin à Hurtebise (Chemin des Dames) : 145 blessés

30 tués :

 

 

Edmond CHEVILLARD de Paris – 19 ans      bleuet

Camille CLUNY de Paris- 20 ans                    bleuet

Joseph COUTEAU de Joinville le Pont (Seine) – 19 ans        bleuet

Maurice KNORR de Paris – 20 ans            bleuet

Knorr Cerny

 

Alfred LAVAINE de Fignevelle (Vosges) – 21 ans          bleuet

Auguste ROUSSIAUX de Bèze (Côte d’Or) – 21 ans         bleuet

Lucien THINLOT de Villaines les Prévôtes (Côte d’Or) – 21 ans      bleuet

Thinlot Cerny (2)

 

Georges CONTAMINE de Deycimont (Vosges) – 21 ans     bleuet

Contamine

 

Léon MILLOU de Toulon (Var) – 19 ans        bleuet

Millou Cerny

Millou Léon

 

Charles LE DUC de Paris – 21 ans       bleuet

Leduc

 

Gustave CORNICE de Malain (Côte d’Or)

Ferdinand DEJOURS de Silhac (Ardèche)

Gaston HENRY de Paris

Lucien JOUHANNET de St Plantaire (Indre)- 23 ans

Jouhannet Cerny

 

Jean LONGE de Lyon

Victor POULARD de St Brice (Morbihan)

Charles BLANCHOT de Beaucourt (Belfort)

Felix DEFAIT d’ Essertenne (Saone et Loire)

François REVENS d’Annecy (Haute Savoie)

Joseph GAMET de Lucenay lès Aix (Nièvre)

Gaspard GHIBAUT de Sospel (Alpes Maritimes)

François GUILLAUMOT de Soirans (Côte d’Or)

Jean MAYSOU- LABARERE d’Issor (Pyrénées Atlantiques)

Pierre VILLOT de Mercueil (Côte d’Or)

Villot Craonnelle

 

Jean MAYOT d’Arbignieu (Ain)

Eugène PELLET de Paris

Pierre VIRVAIRE

Pierre VIRVAIRE

Virvaire

Sergent Lucien ROUGETET de Bretenières (Côte d’Or)

Citation : «  Chef de section de mitrailleuses remarquable, le 14 juin 1917, ses pièces étant détruites par le bombardement, s’est bravement défendu à la grenade jusqu’au moment où il est tombé mortellement frappé. »

Sergent Jérôme MERCIER de Nantua (Ain)

Citation : « Très bon chef de section de mitrailleuses au front depuis le début. Tué à son poste le 16 juin 1917 en dirigeant le feu de ses pièces sur les vagues d’assaut ennemies. »

 

Lieutenant Joseph BRIGNON du Saulcy (Vosges)

 

 

 

Hurtebise juin 1917

Hurtebise - JMO 7e génie, compagnie août année 1917. page 33

Carte extraite du JMO du 7eme régiment du Génie aout 1917

 

Extraits d’une lettre du  caporal Robert RIOTTE Mort Pour La France à Craonne le 27 juillet 1917 :

Le 15 juin à 3 h de l’après midi nous quittons le camp de Glennes pour monter aux tranchées. Nous relevons le 144e RI en 1ere ligne au Monument d’Hurtebise en liaison avec le 152e. Vers minuit nous prenons nos emplacements et une fois les consignes passées nous passons la nuit assez tranquillement (poste d’écoute).

16 - Le monument

Credit photo : Chasseur R.Riotte. Merci à Lionel Riotte son neveu

Le 16 juin au matin les boches envoient des torpilles sur la 9e. Résultat : une dizaine de blessés assez grièvement. Le soir à 8 h les boches déclanchent un bombardement terrible avec des minen et des fusants et aussitôt l’attaque se déclanche en vagues d’assaut en colonne par 4 sur la Pointe du Doigt.

Avant l’attaque je me trouvais dans un abri sous un rocher à flanc de coteau en avant de notre 1ere ligne avec quelques hommes de ma section. Les obus tombant sur l’abri et devant l’entrée il nous est impossible de sortir. A 10h je profite d’un moment de calme pour gagner la tranchée en rampant avec Pechinot et Grandadam. En arrivant à notre emplacement nous sommes accueillis par une rafale de grenades que les boches nous envoient sans arrêt. Grandadam est blessé et se replie avec Pechinot. Je gagne en vitesse la tranchée de soutien. Mais au tournant du boyau j’entends un maniement de culasse et je me retrouve au bout d’un fusil. En face de moi je reconnais mon ancien copain Artaud qui furieux d’avoir manqué de me tuer va prendre un poste un peu plus loin où il est blessé peu après.  Alors je me retrouve avec la 7e compagnie qui a remplacé la 8e, qui n’était plus assez nombreuse pour tenir,  la 1ere section étant prisonnière, le capitaine de Gouvello et le lieutenant Fedit blessés.

Le 17  juin la 1ere section prend la garde à l’entrée du Tunnel.

Le 18  juin vers 4 h je reçois l’ordre d’aller avec mon escouade au boyau Vidal avec des tromblons et des V.B. pour soutenir la 9e cie en prévision d’une attaque ennemie.  Aussitôt un 155 tombe à 50 mètres derrière nous, puis un 2eme plus près puis un 3eme encore plus près. Des fusées sont envoyées pour faire allonger le tir. Par mégarde une demande de tir de barrage est envoyée. Alors les deux artilleries bombardent d’une façon intenable pendant une demi-heure.

Le 19  juin nous allons relever la section de garde au Tunnel pendant 2 jours.

10 - Entrée du tunnel (2)

Entrée du Tunnel

Credit photo : R. Riotte

Le 21 juin nous relevons une section de la 7e aux tranchées du Monument. Tous les jours bombardement de la 1ere ligne allemande avec les 155 et les 240.

Le 24 relève par le 152e et le Groupe Franc de la division pour l’attaque du lendemain.

Du 25 au 30 en réserve de division à Maisy.

Lien vers la page du site consacrée au chasseur RIOTTE :

Le chasseur Riotte

 

Récit du sergent Louis POOT :

 » Le 26 juin,  prise de la Caverne du Dragon. Avec ma section je suis chargé du nettoyage de la grotte. Au cours des opérations le feu est communiqué à un cordon bickford. Voyant immédiatement le danger je saute à pieds joints sur le cordon. J’arrête la progression de la flamme à hauteur de mes genoux : pantalon et capote sont en feu. Je me roule par terre pour arrêter le feu après moi. Je sauve la vie à plus de 60 hommes. Une nouvelle citation m’est accordée avec les félicitations du colonel commandant le 152e RI. »

 

 

Vauclerc mai 1917

Récit du capitaine Roy :

 » Nous avions pour tout le bataillon et ma compagnie en particulier une excellente position sur les pentes nord du plateau dans le secteur de Vauclerc, 1500 mètres au nord d’Oulches.  Notre installation matérielle était plutôt précaire. Nous occupions les tranchées allemandes conquises une huitaine de jours avant. Je me suis installé dans le seul abri, peu solide, les hommes n’ayant rien ou presque. Un soir j’ai du abriter dans mon abri 10 ou 12 blessés dont plusieurs très atteints, et ce n’était pas gai. »

 » A défaut d’attaquer nous étions sûrs de recevoir des coups de canon, dans la tranchée d’abord mais aussi dans toute la zone arrière qui est battue et où la circulation est difficile et dangereuse. « 

 

15-17 mai : Tir ininterrompu d’obus de 150.

18 mai : Une forte patrouille ennemie tente de passer le barrage du boyau Schultz. Elle est repoussée à coups de grenade et de fusils mitrailleurs.

Pertes : 5 tués :

Emile GUISOT

Né à St Dié (Vosges) – 22 ans        bleuet

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Inhumé à Craonnelle

Victor FOL

Né en 1888 cultivateur à Leaz (Ain)

Lucien BLANDIN

Né à Pantin (Seine) en 1894

Frédéric DUROZIER

Durozier Craonnelle

Cultivateur à Certines (Ain) né en 1888

Inhumé à Craonnelle

Lucien GUIBERT

Né à Paris – 21 ans    bleuet

et 15 blessés

 

19 mai : Deux patrouilles ennemies tentent de s’approcher de nos ouvrages. A chaque fois elles sont repoussées à la grenade. Tir des mitrailleuses de soutien sur avions volant à faible altitude et mitraillant nos positions.

Pertes : 3 tués :

Lucien TITOY

Né à Paris – 21 ans      bleuet

Titoy Craonnelle

Inhumé à Craonnelle

Albert ROLLET

Né  à Jésonville (Vosges) – 20 ans    bleuet

Rollet Craonnelle (2)

Inhumé à la NN de Craonnelle

Alphonse RIVOT

Né  à Gugnécourt (Vosges) – 20 ans    bleuet

et 10 blessés

Parmi les 8 chasseurs tués, 6 sont des « Bleuets » âgès de 20 à 22 ans.

28 mai : lors d’un bombardement 4 chasseurs sont blessés. Le chasseur Lucien Rosier est tué.

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Lucien ROSIER né en 1878 à Mortagne (Vosges)

 

 

 

Au Chemin des Dames

 » Soudain dans la nuit et dans le silence

On voit quelqu’un qui s’avance

C’est un officier de Chasseurs à Pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe

Les petits Chasseurs vont chercher leur tombe. »

Chanson de Craonne

 

 

10 mai 1917 – En exécution de l’ordre général d’opération de la 164e division d’infanterie le 43e bcp est transporté en train à Baslieux les Fismes (Aisne) où il cantonne.

La 164e division d’infanterie, division du “Dragon »  (1917) :

-152e RI. -213e RI. -334e RI. -41e BCP et 43e BCP. -232e RAC. -6e RG.

11 mai – Préparation des paquetages pour la montée au Chemin des Dames.

12 mai – En 1ere ligne sur le Plateau de Vauclerc, secteur du ravin des Frères Anciaux 15 - Abri boche

Abri au ravin des Frères Anciaux, Chemin des Dames

Crédit photo : Chasseur Robert RIOTTE du 43e bcp

 

14 mai – Confection d’un réseau en avant de la tranchée des Friches. Approfondissement des boyaux de 1ere ligne. Inhumation des nombreux cadavres restés sur le terre-plain entre les tranchées.

Le chasseur Antoine JACQUET est tué par un bombardement aux Frères Anciaux, tranchée Offenbourg

Jaquet Craonnelle

Antoine JACQUET

né en 1877 à Chissey lès Mâcon (Saône et Loire), meunier à Montagnat (Ain)

Inhumé à la NN de Craonnelle

Schonholz hiver 1917

Janvier et février 1917

Le bataillon retourne en Alsace dans le secteur du Schonholz et y reste  60 jours dans la neige.

foret schonholz

 

schonholz-17

Tranchée au Schonholz

 

Lettre du lieutenant Roy :

 » Nous sommes dans un coin que nous avons déjà occupé l’été dernier. Les hommes sont un peu à plaindre.  Nous sommes décidemment dans une série d’hivers rigoureux. C’est pénible mais cela vaut mieux que de patauger dans la boue. »

 » Nous sommes aux tranchées, je ne sais pour combien de temps encore. Pour moi ce n’est pas bien pénible mais pour les hommes c’est plus dur : l’immobilité en sentinelle n’a pas de charme par ce temps-ci.  Les hommes  prennent la faction toutes les nuits au moins une heure sur trois et souvent deux heures sur quatre.  Ils  se mettent les pieds dans des sacs à terre et il parait que cela tient chaud. « 

 » Le secteur en ce moment est assez remuant : nous avons presque tous les jours une séance de bombardements réciproques avec crapouillots et « minenwerfers » qui n’est pas des plus drôles. « 

 

 

Viewty

MAISTRE Antoine

Né à Montaigut en Combrailles (Puy de Dôme) en 1893

Tué au Schonholz le 27 janvier 1917

Viewty

BENOIT Joseph

Né à Dompierre sur Ain en 1883

Tué au Schonholz le 28 janvier 1917

Viewty

FOLLIET Jean Pierre

Né à Ceyzerieu (Ain) en 1884

Tué au Schonholz le 27 janvier 1917

Viewty

BON Louis

Né à Eloi (Territoire de Belfort) – 20 ans  bleuet

Tué au Schonholz le 11 février 1917

Viewty

MEUNIER Louis né à Paris en 1882

Tué au Schonholz le 16 février 1917

 

ASTIER Antoine né à Uzerche (Corrèze) en 1890

Blessé au Schonholz le 30 janvier décédé le 11 avril 1917

 

BRIGAND Gaston né à Massingy (Côte d’Or) en 1885

Blessé au Schonholz le 30 janvier décédé le 9 mars 1917

 

GUETTE Jean né à St Georges de Mons (Puy de Dôme) en 1886

Tué au Schonholz le 16 février 1917

 

TERRAIL Henri né à Paris en 1881

Tué par bombe d’avion au Schonholz le 4 mars 1917

 

 

 

 

Rancourt

Lettre du lieutenant Roy, octobre 1916 :

 » Nous avons pris les premières lignes en avant du village de Rancourt, face au bois de St Pierre-Vaast. Nous sommes restés quatre jours là. Tant dans la relève que dans les tranchées j’ai perdu à ma compagnie 40 blessés et 20 tués, sans attaquer. Le bombardement, tant sur les voies de communication que sur nous, n’a pas arrêté un instant. Seulement de temps en temps il tombait une marmite énorme et il n’y avait qu’à attendre en recevant de la terre, de la poussière et de la fumée. C’était une désolation sans nom.  » 

rancourt-chemin-carte

 

st-pierre-vaast-legende

Positions du 43e bcp au bois de St Pierre Vaast

Récit du Commandant Michelin :

 » Pendant ces quatre jours, à 30 mètres de l’ennemi, le Bataillon martelé (sa position deux fois démolie) par une concentration de feux d’une violence inusitée, s’est chaque fois réorganisé, rétabli sur la ligne pour faire face à un ennemi très supérieur en nombre et apparemment menaçant, l’a tenu en respect par une attitude agressive et une surveillance manifeste – ceci dans un état de fatigue excessive et presque sans ravitaillement en vivres et en eau. « 

Souvenirs du sergent Louis Poot :

 » Le 4 octobre attaque à Rancourt. Je suis blessé au cours de la progression. Deuxième blessure. Je suis évacué sur Bray sur Somme et de là sur Dieppe. Quelle joie ! Je danse debout sur mon lit tellement je suis heureux d’avoir été épargné. Diagnostic : fracture de l’omoplate gauche avec hyopacousie de l’oreille. «