Lt de Lasteyrie du Saillant

 

Louis de Lasteyrie du Saillant

 


Né à Sedan le 19 juillet 1878

Lieutenant au 43ème BCP

Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre avec 2 palmes

Citation :  Officier d'une haute valeur, prisonnier en Allemagne, évadé après plusieurs tentatives, dont la dernière prouve au plus haut point son inlassable énergie et sa volonté. Rentré en France a immédiatement demandé à reprendre sa place au front et dans l'aviation. S'est aussitôt fait remarquer par un allant et un courage au dessus de tout éloge. Le 6 mai 1918 au cours d'un bombardement a combattu avec la dernière énergie trois avions de chasse ennemis qui s'acharnaient contre lui. A probablement abattu l'un d'eux. Est revenu avec un avion criblé de balles. Le 8 mai a trouvé une mort héroïque dans un combat livré dans les lignes ennemies contre une patrouille de chasse. 

 

Lieutenant de réserve au 43e bataillon de chasseurs à pied il est blessé deux fois le 25 août 1914 à Domptail dans les Vosges et fait prisonnier :

« Comme je faisais le coup de feu avec le fusil d’un homme blessé je reçus moi-même une balle dans la hanche qui m’étendit à terre. Ce n’est que dans l’après-midi que je repris mes sens. J’essayai de ramper vers l’arrière mais bientôt je reçus une seconde blessure qui m’immobilisa. Au cours de la nuit je fus réveillé par des coups de revolver : les Allemands assassinaient les blessés demeurés autour de moi. J’échappai à ce sort en ne bougeant pas… Enfin le 31 août on m’emmenait à Embermenil où j’étais jeté dans un wagon de 4e classe avec d’autres officiers français, direction le camp de prisonniers de la forteresse d’Ingolstadt… »
 

Après plusieurs tentatives d’évasion infructueuses qui lui valent d’être mis aux arrêts de rigueur, il parvient à s’échapper lors d’une visite chez le dentiste, passe par la Hollande et regagne la France . Le 1er janvier 1918 il arrive à Paris amaigri et fatigué mais brûlant du désir de reprendre le combat pour, dit-il, rattraper le temps perdu. Aussitôt il demande à être affecté à l’Aviation en tant que mitrailleur d’une escadrille de bombardement.

 

Le 30 avril 1918 il rejoint à La Villeneuve-le-Roi dans l’Oise l'escadrille BR131.

 

6 mai 1918: au retour d’une mission de bombardement sur la gare de Ham dans la Somme, l’escadrille livre un combat contre des avions de chasse . Le lieutenant du Saillant est tué. Le pilote Jean André Patrat, blessé, parvient à ramener son Breguet B14 à terre. Il succombera à ses blessures un mois plus tard à l’ambulance du GB4.

 

Après avoir glorieusement donné sa vie pour la France, le baron du Saillant a été inhumé auprès de son escadrille dans le petit cimetière de la Villeneuve-le-Roi. Sur sa tombe le commandant de Goÿs, commandant le G .B 4, son ancien compagnon de captivité, a prononcé des paroles que son cœur de chef et d’ami lui avaient dictées :

 

« Lieutenant du Saillant, cher camarade, cher ami, au nom du 4e Groupe de Bombardement, Adieu. »




Sources : archives de la famille de Lasteyrie du Saillant
transmises par Eric SORET
association Les amis du château d'Henonville

http://www.amis-chateau-henonville.fr/