Capitaine Husson de Sampigny


Alexandre Raoul Husson de Sampigny

Capitaine chef de corps du 43ème bcp
 

Source photo : Pierre Maire du Poset

Merci à Gilles Husson de Sampigny son petit-fils
 

" Les officiers : braves. Les officiers : héroïques fous...les officiers ne voulaient pas se coucher, c'était un déshonneur. Ils avaient conservé cette mentalité des Saint-Cyriens partant à l'assaut avec leur casoar et les gants blancs. "

Témoignage de Victor Boudon soldat au 276 RI


Né le 12 fevrier 1874 à Arbois dans le Jura

Ecole Spéciale Militaire de St Cyr promotion d'Alexandre III ( merci au Général Boÿ -ESM )

Voir le site de la Saint-Cyrienne :

http://www.saint-cyr.org/fichiers/promotions-eteintes/1894-1896-79e-promotion-d-alexandre-iii.pdf 

Lieutenant au 1er Bataillon de Chasseurs à Pied

Capitaine au 42 RI de Belfort

Capitaine au 43 BCP chef de corps le 25 août 1914

tué à l'ennemi le 30 août 1914 à St Maurice sur  Mortagne dans les Vosges

 

 Citation : " A fait preuve de la plus belle intrépidité au combat du 29 août. A trouvé une mort glorieuse le 30 août alors qu'il parcourait une tranchée au mépris du danger pour soutenir le moral de ses Chasseurs exposés à un feu violent de grosse artillerie. "
 

Lettre du Lieutenant Toussaint :

" Depuis le 25 août, date à laquelle le Capitaine Guillame avait été blessé, le Capitaine de Sampigny commandait le bataillon.

Le 30 août nous avions reçu l'ordre d'occuper les tranchées récemment construites au N-E de St Maurice près de la route de Xaffervillers. Le Capitaine après avoir donné ses ordres, avait lui-même surveillé  l'installation des compagnies aux postes désignés. Le jour à peine levé, les obus se mirent à tomber ; vers midi seulement la canonnade s'interrompit. " Cette musique là ouvre l'appétit " me dit le Capitaine qui, pas un seul instant, ne s'était départi de sa gaîté communicative. Nous achevions à peine notre repas quand la canonnade reprit. Le tir, mieux ajusté encadrait maintenant la tranchée. Un éclat de schrappnell faisant ricochet vint, sans force, érafler la tempe de notre chef - Un peu de sang jaillit. " Ce n'est rien " déclara aussitôt le Capitaine, en s'épongeant la tempe avec son mouchoir, "ils tirent vraiment mal ". Mais au même instant, d'autre obus tombèrent tout près de la tranchée, blessant quelques Chasseurs et créant un début de panique.

N'écoutant alors que son courage, au mépris du danger, le Capitaine sortit de la tranchée, et debout sur le parapet, il parcourut une grande partie de la ligne, ramenant tout aussitôt la confiance dans les rangs ; puis sans hâte, épongeant toujours sa tempe rougie, il regagna sa place tout près de moi. Mais au lieu de s'asseoir au fond de la tranchée, il voulut s'achevaler sur la banquette pour mieux surveiller ses hommes ; cette héroïque attitude devait lui coûter la vie.

Tout à coup dans un roulement de tonnerre, un gros obus éclata un peu en arrière de notre tranchée. Déjà nous blaguions ensemble l'inefficacité de l'engin quand, portant subitement la main à sa poitrine : " Cette fois, ça y est " me dit mon Capitaine. Prévenez ma famille." Ce furent ses dernières paroles...

Le 20 août, date de notre baptême du feu, le Capitaine de Sampigny entra le premier, à la tête de sa compagnie, dans le village de Bühl près de Sarrebourg...

Quelques jours après, défendant sous une pluie d'obus, la lisière du bois de Doncières près Rambervillers, il fut légèrement blessé à l'avant-bras ; il se riait du danger, bravait la mort avec la plus belle crânerie ; je le vois encore debout dans la plaine de Sarrebourg, derrière la ligne des tirailleurs à plat-ventre. Il fut pleuré par tous, les chefs comme les troupiers, et son souvenir est resté vivant au bataillon, où il avait su se faire aimer et justement apprécier. "

 

 

Inhumé à la NN de Rambervillers

 

Stèle à sa mémoire au cimetière de Vitrac