Capitaine Roy

André ROY

1889 - 1979
 

 

Merci à Dominique Roy, son fils

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A fait toute la campagne de 1914 à 1918 au 43ème Bataillon de Chasseurs à Pied en tant que :

Sous-Lieutenant de réserve en 1914

Lieutenant dès octobre 1915

Capitaine dès mars 1917

 

 

Cité à l'ordre de la Division le 26 octobre 1916 ( bois de St Pierre Vaast dans la Somme)

" Commandant de compagnie d'un calme et d'une bravoure absolue. A maintenu quatre jours durant sous un bombardement violent la compagnie très durement éprouvée."

 

Cité à l'ordre du Corps d'Armée le 20 juin 1917 ( Chemin des Dames)

" Commandant de compagnie d'un calme superbe et d'une belle résolution. Le 16 février 1917 a contre-attaqué un ennemi en force, l'a rejeté dans ses lignes puis a organisé solidement et sous le tir des bombes une position démolie par le bombardement."

 

Cité à l'ordre de la Division le 19 septembre 1917 (Craonne)

" Commandant de compagnie d'un calme superbe. A remarquablement conduit et soutenu sa compagnie pendant la dure période du 23 au 26 juillet 1917. "

 

Cité à l'ordre de l'Armée le 10 juin 1918 (combats de l'Aisne)

 Le 31 mai, se maintenant avec sa compagnie pour la défense d'un point important, résistait jusqu'à l'enveloppement puis parvenait à se dégager et à rejoindre nos lignes. 

 

Nommé Chevalier de la Légion d'Honneur le 16 juin 1920 avec la citation suivante :

" Beaux titres de guerre. Remarquable pour son énergie. Excellent Commandant de Compagnie plusieurs fois cité. "

 

 

Fanion de la 7eme compagnie commandée par le capitaine Roy

 Merci à D. Roy

 

Extraits de " Lettres de Guerre d'André Roy " ouvrage publié par Dominique Roy :

 

Août 1914

" Ai-je donné des détails sur ces premiers jours ? J'ai été jusqu'aux premières maisons du village de Buhl, tout près de Sarrebourg. Le bataillon a foncé avec beaucoup d'entrain, mais les attaques étaient très décousues à ce moment là. Nous devions être soutenus et nous ne l'étions pas ; comme c'était le soir, nous nous sommes repliés près du pont du canal de la Marne au Rhin et y avons bivouaqué. La nuit n'a pas été drôle car nous étions à très petite distance de l'ennemi qui pouvait revenir à tout moment. Autour de nous des maisons brûlaient ; au milieu de nous des blessés cherchaient à se chauffer, mais aussi des morts presque au milieu de nous ; on entendait les plaintes et les appels des blessés..."

 

Avril 1915 :

" Je suis donc parti pour rejoindre le bataillon et j'ai refait tout de suite connaissance avec la fusillade, le sifflement des balles et le canon. La situation a un peu changé dans la forêt : alors qu'avant il y avait une assez grande zone non tenue entre les combattants, on est maintenant très près l'un de l'autre. Les Allemands s'étant fortement fortifiés sur une ligne donnée, nous nous sommes nous-mêmes fortifiés en face d'eux pour qu'ils n'aillent pas plus loin, et nous avons également épaissi les lignes. "

Mai 1915 :

" Imaginez que nous sommes en train de nous installer un tennis ! Ce sera le club de la forêt de Parroy, de sorte que tantôt on échangera des balles avec les boches, et tantôt entre nous. "

 

Septembre 1916 :

" Le bataillon a donc donné le 3 septembre et c'est un de ceux qui ont enlevé le Forest ; il a été merveilleux de l'avis de tout le monde et sera cité à l'ordre de l'Armée. J'ai le commandement d'une compagnie dont tous les officiers ont été mis hors de combat. "

Octobre 1916 :

" En gros, nous avons pris les premières lignes en avant du village de Rancourt, face au bois de St Pierre Vaast. Nous sommes restés là quatre jours. Tant dans la relève que dans les tranchées, j'ai perdu à ma compagnie 40 blessés et 19 tués, sans attaquer. Le bombardement, tant sur les voies de communication que sur nous, n' a pas arrêté un instant. Seulement de temps en temps il tombait une marmite énorme et il n'y avait qu'à attendre en recevant de la terre, de la poussière et de la fumée. C'était une désolation sans nom. "

Novembre 1916 :

" Mon cheval a d'ailleurs commencé à bien se retaper de son séjour dans la Somme. Il a maintenant un beau poil et plus d'allure. "

 

Février 1917 :

" Celui qu'il faut admirer le plus, c'est encore le bon poilu qui prend toutes les nuits la faction au moins une heure sur trois, et souvent deux heures sur quatre, qui reste des trente ou quarante jours dans les tranchées plus ou bien mal abrité, mal couché, avec une paire de godillots toujours humides, et qui encore l'après-midi travaille à retaper les boyaux ou à transporter du matériel, quand encore les boches n'envoient pas des torpilles qui démolissent les fils de fer posés la veille ou bouchent l'entrée de l'abri. Et tout cela dans un secteur qui n'est pas des plus tranquilles, mais encore acceptable. Que dirions-nous s'il y avait bataille ? "