Commandant Michelin


Pierre MICHELIN


 " Le Commandant Michelin était le Chef, notre Chef et nous en tirons gloire.
Il est toujours resté pour ses Chasseurs du 43 " le Commandant " en dépit des hauts échelons que ses mérites lui ont valu de gravir.
Il le restera toujours. "


Général de Gouvello - 1952 

 


 " A mon bon camarade de combat du 43e le sergent Gilly" 1932
 

Né à Commenailles dans le Jura en 1876, officier au 2ème régiment de tirailleurs algériens, capitaine en 1912.

En septembre 1914 il est promu chef de bataillon au 157 ème régiment d’infanterie lors des combats au col de la Chipotte dans les Vosges.

En juin 1916, il est promu commandant et chef de corps du 43ème bataillon de chasseurs à pied. Décoré de 5 palmes et 3 étoiles pendant la guerre de 14-18.

Après l’armistice il commande le 31 bcp à Sélestat.

En 1923 il rejoint l’état-major de Lyautey puis commande le 13ème régiment de tirailleurs algériens.

Promu général de brigade en 1930 et commandant de l’école militaire de St Maixent.

En 1935 il est promu divisionnaire puis général de corps d’armée.

En 1939 il est rappelé pour commander la 5ème région territoriale à Orléans.

Il est l’auteur de deux livres sur la Grande Guerre : " Présents ! " (1932) et " Carnets de campagne " (1935)

Il est décédé en 1952.


Au sergent Mercier


Extrait de son dossier militaire :

1909 Excellent officier de tirailleurs, arabisant distingué, de l’initiative, du caractère, très intelligent, très méritant.

  Autodidacte qu’un travail acharné conduira à un haut degré de culture scientifique et à une connaissance profonde des hommes et des civilisations.

Extraits des lettres du Capitaine Roy du 43ème bcp :

24 juin 1916 : " L’évènement du bataillon a été le changement du Commandant. L’ancien a été débarqué assez rudement pour aller prendre un commandement de bataillon dans un régiment. Nous n’avons pas perdu au change. Notre nouveau Commandant a certainement plus de valeur, plus d’allant, d’entrain et de décision. Il connaît bien la psychologie des hommes et s’intéressera certainement plus à leur bien-être et à leur moral."

9 juillet 1916 : " Nous sommes de plus en plus enchantés du nouveau Commandant. Tout en étant très facile pour beaucoup de questions, on sent qu’il mène le bataillon dans un sens déterminé et qu’il est un soutien pour ceux qui ont besoin d’être un peu conduits. Il se défend fort bien contre ses supérieurs. C’est ensuite un type encore très vigoureux, bien bâti et qui représente bien le bataillon.

Tout en sachant encourager son monde, le Commandant n’est pourtant pas prodigue d’éloges. Il est dur pour lui-même et demande beaucoup à ses cadres."

Extrait des Carnets de campagne :

29 juin 1916 : " La glace se rompt peu à peu. Excellente moyenne d’officiers ; troupe solide, non pas les figures d’enfants rieuses, confiantes, du 157è, mais des hommes faits, calmes, appliqués et prêts " à y aller ", même pour les pères de famille et ils sont nombreux. Une habitude de travail certaine, de correction suffisante. "

Extraits de " Présents ! " :

1919 : " Aujourd’hui je reviens aux pages du carnet comme en un pieux pélerinage au souvenir, à la mémoire de ceux qui se battirent ou qui tombèrent à mes  côtés. J’y retrouve les portraits esquissés, presque lointains déjà, et soudain recueilli, ému, je suis avec  ferveur, sur les lignes tracées en hâte, l’évocation de ces physionomies si pleinement attachantes d’hommes du rang, de gradés, et je m’attarde à préciser leurs gestes et leurs pensées..."

 

En octobre 1918 alors que le 43ème bcp combat dans les Flandres il est nommé chef de corps du 152ème RI à titre provisoire :

Depuis le 14 octobre, le 15-2 avait pour chef provisoire le chef de bataillon Michelin, du 43e bataillon de chasseurs, le colonel Meilhan ayant été brusquement rappelé chez lui après les affaires de Roulers, pour un deuil de famille. Le commandant Michelin était déjà très estimé au 15-2, qui l’avait vu à l’oeuvre. Le séjour qu’il devait y faire comme chef de corps transforma cette estime en une admirative affection. Pendant huit jours, le commandant Michelin ne cessa de chanter. Il chantait le jour, il chantait la nuit. A table il chantait encore. C’est tout juste s’il ne chantait pas au téléphone, quand il attendait la communication. Le commandant Michelin ne variait pas les airs. A vrai dire, il ne connaissait de sa chanson que le refrain : "Boulangère, faut pas s’en faire..." Le commandant Michelin ne s’en faisait pas. Personne autour de lui, et grâce à lui, ne s’en faisait.. Et tout marchait à merveille.

La situation n’était pourtant pas toujours gaie. A Meulebeecke comme à Wacken, les obus pleuvaient. Et les 210 alternaient avec les 77. Et puis il y avait la Lys, le terrible obstacle de la Lys. Le 14 octobre, c’était l’objectif définitif. Le 18, alors que le 1er bataillon en occupait la rive gauche, la Lys n’intéressait plus le commandement. La 164e division avait un autre objectif: l’Escaut. Et après l’Escaut, il y avait la Dendre. Et après la Dendre la Seine, et après la Seine... on ne savait pas. Il y avait tout de même de quoi s’en faire !

Ce fut aux accents de la Marseillaise jouée par une musique improvisée que le Commandant Michelin fit son entrée dans Wacken à la tête du 1er bataillon.

ORDRE :

" Le 43ème bataillon est dissous.

Formé au premier jour de la guerre, il disparait quand sa tâche est faite, quand la France victorieuse a porté ses armes de l’autre côté du Rhin. Et dans cette lutte glorieuse les étapes du 43ème sont la Lorraine, l’Alsace, la Somme, le Chemin des Dames, Reims, Verdun, la Marne, le 18 juillet, l’Aisne et puis la Belgique.

Noms évocateurs qui nous rappellent tant d’assauts sous les obus jointifs, tant de résistances acharnées, jusqu’à l’épuisement, bien après l’épuisement des forces ; tant d’efforts inouïs qui tordaient les énergies sans les rompre jamais ; tant de sacrifices, mais aussi au bout de l’âpre et sombre guerre, la victoire...

Officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs, je vous ai bien souvent admirés de toutes mes forces pour votre conscience admirable, pour votre courage héroïque, pour votre acceptation de tout ; mais je vous ai toujours aimés de tout mon coeur pour votre esprit de solidarité totale et pour l’affection manifeste qui vous rapprochait, qui vous groupait indissolublement.

Je pars, fier de vous, fier de ce que vous avez fait : c’est bien là oeuvre de chasseurs, de chasseurs du 43ème bataillon. Oeuvre de Français aussi, des Français d’hier et de ceux de demain, des Français de toujours. "

                                                                                                                                                                              Michelin

 

 

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OBSERVATIONS

 

du Commandant Michelin, commandant le 43e Btn de Chasseurs sur les opérations du 29 août au 6 septembre 1916

 Document transmis par M. Dominique ROY que je remercie

observations29aout16.pdf

 

 

 

Commandant Michelin chef de bataillon 43ème bcp

" Un officier supérieur de tout premier ordre "

Lt Colonel Dussauge 1919